Quand la création du marché boursier ne suffit pas à elle seule

Les banquiers se réjouissent de la mise en place du marché boursier au Burundi. Pourtant, ils demandent que cette initiative soit accompagnée par d’autres actions telles que la mise en place d’une plateforme digitale, la sensibilisation sur l’éducation financière, le placement des capitaux dans ce marché par les entreprises publiques, etc.  

« Je demande aux entreprises et aux opérateurs économiques d’adhérer au marché boursier pour vendre ou acheter des capitaux », Arsène Mugenzi, directeur général de l’Autorité de Régulation du Marché des Capitaux 

Les banquiers se réjouissent du fait que le Burundi a mis en place le marché boursier. Pourtant, selon Eric Ndendahayo qui représente Orbit Investmen Bank Burundi, cette initiative ne suffit pas à elle seule pour qu’elle soit couronnée de succès.

Lors du dîner d’affaires organisé vendredi le 26 décembre 2025 par l’Autorité de Régulation du Marché des Capitaux (ARMC), il a fait remarquer que sa réussite dépend de la cohérence, de la profondeur et de la vitesse des décisions qui vont suivre, précise-t-il.

Pour cela, Ngendahayo indique que pas mal d’actions doivent être entreprises pour que cette bource soit fonctionnelle, crédible et durable.

Il explique qu’une bourse n’est pas un symbole. C’est une machine économique. Elle ne se résume pas à un texte de lois, à une autorité de régulation ou à un beau bâtiment.

Le rôle du marché boursier

La bourse est plutôt une machine complexe dont la finalité est très concrète.  Il s’agit entre autres de transformer l’épargne en investissement, de financer les entreprises sur le long terme, de réduire la pression sur le crédit bancaire et d’offrir à l’Etat et au secteur privé des sources de financements alternatifs.

La mise en place d’une plateforme digitale, une urgence

Selon toujours lui, la mise en place d’une plateforme digitale est alors une nécessité. Cela permet de connaître celui qui a acheté, quand il a acheté et à quel prix.

Et d’ajouter la publication des prix et des volumes de façon transparente. Une plateforme digitale permet alors la surveillance des transactions en temps réel par le régulateur.

Elle permet l’accès aux capitaux à distance par les investisseurs et la réduction des coûts opérationnels. Avec cette plateforme digitale, la bourse deviendra compétitive, attractive et un outil de masse où chacun va accéder.

La détaxation des intérêts, une nécessité

Ngendahayo ajoute à cela la détaxation des intérêts générés par les capitaux contractés par les entreprises ou les particuliers auprès du marché boursier pour motiver les parties prenantes.

De plus, les entreprises publiques devraient placer leurs capitaux dans ce nouveau marché pour permettre aux entreprises ou aux particuliers d’en disposer à un taux consensuel.

Selon Ngendahayo, cette stratégie permettra à ceux qui disposent de l’argent sur leurs comptes ou dans les coffres forts chez eux de le placer dans ce marché. De surcroît, la sensibilisation sur l’éducation financière est encore une nécessité.

Arsène Mugenzi, directeur général de l’Autorité de Régulation du Marché des Capitaux demande aux entreprises et aux opérateurs économiques d’adhérer au marché boursier pour vendre ou acheter des capitaux.

Marché des capitaux, d’où tire-t-il son origine ?

Il précise que l’initiation du marché des capitaux au Burundi rime avec le pilier 2 du traité instituant l’EAC qui parle de la libre circulation des personnes, des biens et des capitaux dans tous les pays membres de l’EAC. L’objectif était de permettre à tous les ressortissants de ces pays de vendre ou d’acheter des capitaux partout ils sont dans ces pays.

Notons que le lancement officiel du marché boursier du Burundi a eu lieu le 12 décembre 2025 sous le thème « Marché boursier, voie de mobiliser les ressources financières pour la réalisation des projets d’investissement public et privé ».

Source

Pour partage de l'article