Prière, unité et espérance : un rendez-vous qui rassemble la nation

À chaque fin d’année, le pays vit un moment singulier de recueillement collectif à travers trois jours de prière d’action de grâce organisés par la famille présidentielle. Bien au-delà d’un simple rendez-vous religieux, cette initiative s’est progressivement imposée comme un temps fort de la vie nationale, dédié à la reconnaissance, à l’unité et à la projection vers l’avenir. Elle traduit une vision où la foi, les valeurs morales et la responsabilité civique se rencontrent pour accompagner la marche de la nation.

Il convient de souligner avec précision que cette pratique n’est pas née en 2025. Elle remonte à l’année 2005, au moment où feu Pierre Nkurunziza venait d’accéder à la magistrature suprême. Cette période est particulièrement chargée de sens dans l’histoire nationale. Pour la première fois depuis les tragédies politiques du début des années 1990, un président élu parvenait à franchir les premiers mois au pouvoir, alors que la mémoire collective restait profondément marquée par l’assassinat du président Melchior Ndadaye, survenu en octobre 1993, moins de trois mois après son élection. Dans ce contexte de fragilité institutionnelle et de quête de stabilité, la prière d’action de grâce est apparue comme un acte de reconnaissance, mais aussi comme une démarche de protection morale et spirituelle pour la nation.

Au fil des années, cette initiative s’est enracinée et structurée, devenant une tradition jalousement gardée et assumée par la famille présidentielle actuelle dans un esprit de continuité. Elle reflète une conviction largement partagée selon laquelle le pays gagne à placer Dieu au centre de sa vie nationale. Cette orientation trouve d’ailleurs un écho institutionnel dans la Constitution, qui évoque explicitement la responsabilité devant Dieu, rappelant que l’exercice du pouvoir et la conduite des affaires publiques reposent aussi sur une exigence morale.

Dans un esprit rassembleur, ces trois jours de prière ne se veulent ni exclusifs ni clivants. Ils ne visent pas à opposer croyants et non-croyants, mais à proposer un cadre commun de réflexion, d’élévation et de responsabilité. Aux pessimistes, ce moment rappelle que l’espérance n’est pas une illusion, mais une force indispensable à la reconstruction et au développement. À ceux qui ne partagent pas la foi religieuse ou qui accordent peu de valeur à la prière, il offre une autre lecture possible : celle d’un espace de cohésion nationale, de discipline morale et de promotion de valeurs universelles telles que la paix, l’intégrité, le respect de l’autre et l’amour de la patrie. Dans une nation pluraliste, le respect mutuel et la reconnaissance de ce qui rassemble demeurent des piliers de la stabilité.

L’édition de 2025 a illustré avec force cette dimension nationale. Du 29 au 31 décembre, les trois jours de prière d’action de grâce se sont tenus à l’ETS Kamenge, à Bujumbura. Une foule nombreuse y a pris part, aux côtés de hautes autorités civiles, policières et militaires, témoignant de l’importance accordée à cet événement dans la vie publique du pays. Les enseignements dispensés ont été solidement ancrés dans la foi, tout en étant étroitement liés à la vision de développement à l’horizon 2040–2060. Comme chaque année, le président de la République, Son Excellence Évariste Ndayishimiye, a partagé des conseils majeurs, appelant à l’unité nationale, à la responsabilité individuelle et collective, à la droiture morale, au rejet des antivaleurs et à l’engagement concret de chaque citoyen dans la construction d’un avenir prospère, stable et pacifique.

Terminer l’année dans la gratitude et commencer la nouvelle dans la prière revient à faire un choix clair : celui de la confiance plutôt que de la peur, de l’engagement plutôt que du fatalisme, de l’espérance plutôt que du découragement. Cette tradition portée par la famille présidentielle n’est pas un simple rituel symbolique. Elle constitue un message fort adressé à la nation et au monde : le développement durable et la stabilité institutionnelle gagnent à s’appuyer sur un socle moral et spirituel solide. En ce sens, ces trois jours de prière demeurent un moment privilégié où la nation se recentre sur l’essentiel et affirme, avec dignité et responsabilité, sa volonté de bâtir l’avenir dans l’unité et la paix.

Il importe enfin de souligner le caractère profondément œcuménique de ces journées de prière. Toutes les confessions religieuses y sont représentées, sans distinction, aux côtés de citoyens issus de toutes les couches sociales, de toutes les générations et de toutes les sensibilités. Cette diversité assumée fait de ces trois jours un véritable symbole d’unité nationale, où la prière devient un langage commun au service de la cohésion, du vivre-ensemble et de la fraternité entre les filles et fils du pays.

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