À l’occasion de la Journée mondiale de la radio, la synergie des radios a organisé, ce mercredi le 13/2/2026, un panel consacré au thème : « La radio et l’intelligence artificielle : avantages et risques associés ». Au terme des échanges, les intervenants ont unanimement exhorté les journalistes à faire preuve de prudence, de professionnalisme et de discernement dans l’usage de cette technologie en pleine expansion.

Réunissant notamment le responsable Directeur Général chargé de la communication et des médias, le président du Conseil National de la Communication (CNC), un expert en intelligence artificielle ainsi qu’un représentant de l’association Burunaise des radios diffuseurs (ABR), la rencontre a mis en lumière l’essor progressif mais encore inégal de l’intelligence artificielle (IA) au sein des médias burundais. Il a été relevé que certaines stations n’y recourent pas encore, tandis que d’autres l’utilisent sans en maîtriser pleinement les mécanismes techniques ni les implications éthiques.
Dans son intervention, le Directeur général de la Communication et des Médias au ministère en charge du secteur, Oscar Nzohabonayo, a souligné que l’intelligence artificielle s’impose désormais comme un outil incontournable dans le paysage médiatique mondial. Selon lui, les rédactions ne peuvent ignorer cette mutation technologique qui transforme en profondeur les méthodes de collecte, de traitement et de diffusion de l’information. « L’intelligence artificielle est une réalité à laquelle les journalistes doivent s’adapter. Toutefois, son utilisation exige une vigilance accrue afin de ne pas altérer la qualité et la crédibilité de l’information destinée au citoyen », a-t-il déclaré, invitant les professionnels des médias à relever le défi d’un usage efficient et responsable de ces nouveaux outils.
Représentant l’ABR, Jean Claude Nkurunziza a, pour sa part, qualifié l’intelligence artificielle « d’occasion en or » pour les médias burundais. Il a particulièrement mis en avant les outils de vérification des faits, devenus essentiels dans un contexte marqué par la prolifération des fausses nouvelles sur les réseaux sociaux. « Grâce à l’intelligence artificielle, les médias disposent de moyens supplémentaires pour vérifier la véracité des informations publiées par des personnes mal intentionnées cherchant à désorienter l’opinion », a-t-il affirmé, estimant que ces dispositifs constituent un rempart déterminant contre la désinformation.
De son côté, Espérance Ndayizeye, Présidente du #CNC_BURUNDI, a attiré l’attention sur les risques liés à une utilisation non maîtrisée de l’intelligence artificielle. Elle a reconnu les avantages considérables qu’offre cette technologie, tout en rappelant que des dérives sont possibles si l’utilisateur manque de discernement: manipulation d’images ou de sons, production automatisée de contenus sans vérification humaine, atteinte à l’éthique journalistique, sont autant de défis qui imposent un encadrement rigoureux.
Tous ces intervenants ont insisté sur les multiples opportunités qu’offre l’IA au secteur radiophonique. Celle-ci permet notamment l’automatisation de certaines tâches techniques, la transcription rapide des interviews, la traduction instantanée des contenus, l’archivage intelligent des productions sonores ainsi que l’analyse affinée des données d’audience. Ces avancées technologiques favorisent un gain de temps considérable et renforcent l’efficacité des équipes rédactionnelles, leur permettant de se consacrer davantage au travail d’investigation et à la production de contenus de qualité.
Cependant, les participants ont également mis en garde contre les dérives potentielles liées à une utilisation non encadrée de l’IA. La diffusion d’informations non vérifiées, la manipulation d’images et de contenus sonores, la propagation de fausses nouvelles ou encore la publication de messages incitant à la haine figurent parmi les risques évoqués. De telles pratiques, ont-ils averti, sont susceptibles de compromettre la crédibilité des médias et d’ébranler la cohésion sociale.
Les panelistes ont rappelé que l’intelligence artificielle doit demeurer un outil d’appui au service du journaliste et non se substituer à son jugement, à son esprit critique et à sa responsabilité professionnelle. Ils ont plaidé pour un encadrement rigoureux, fondé sur la formation continue, le respect strict des règles déontologiques et l’intégration réfléchie de ces technologies, afin que l’innovation serve durablement la qualité de l’information et l’intérêt public.