Le Document de Stratégie Pays (DSP 2024-2029) de la Banque Africaine de Développement priorise deux domaines, à savoir le soutien aux chaînes de valeurs agricoles et à la gouvernance économique et financière pour un renforcement de la résilience de l’économie ainsi que le renforcement des infrastructures de l’énergie et du transport pour une croissance inclusive et verte. Cela afin de réduire la fragilité et de créer les conditions d’une croissance soutenue et inclusive du pays.
« L’objectif principal du DSP 2024-2029 est de renforcer la résilience économique du pays, afin de réduire sa fragilité et de créer les conditions d’une croissance soutenue et inclusive » lit-on dans le document.
Celui-ci indique que deux domaines prioritaires du DSP ont été identifiés, à savoir : le soutien aux chaînes de valeurs agricoles et à la gouvernance économique et financière pour un renforcement de la résilience de l’économie ainsi que le renforcement des infrastructures de l’énergie et du transport pour une croissance inclusive et verte.
Selon le DSP, le choix de ces domaines prioritaires s’inspire des enseignements tirés du rapport d’achèvement du DSP 2019-2023 et des directives de CODE du 5 Décembre 2023. Les deux domaines prioritaires, signale toujours le DSP, sont cohérents avec le Plan National de Développement (PND 2018-2027), et la priorisation des Objectifs de Développement Durable (ODD 2018) ainsi que la vision du Burundi Pays Emergent en 2040 et Pays Développé en 2060.
Ils sont aussi en phase avec les cinq priorités opérationnelles de la Banque et les orientations stratégiques de la Banque contenues dans la Stratégie Décennale 2024-2033.
Quatre secteurs dans le viseur de la Banque
Le document fait remarquer que l’appui de la Banque dans le cadre du nouveau DSP 2024-2029 se concentre sur 4 secteurs. Ceux-ci sont le secteur agricole, le secteur de la gouvernance économique et financière, le secteur des transports et le secteur de l’énergie.
D’après le document, les thèmes transversaux qui transparaissent dans les deux domaines prioritaires sont relatifs au développement du secteur privé, au changement climatique, au développement des compétences nationales (capital humain), au renforcement des capacités institutionnelles, à l’égalité du genre, à la réduction de la fragilité et à l’inclusion des jeunes.
Plus de 180 millions USD de financement
Pour le financement du DSP 2024-2029, la Banque compte mobiliser les ressources du FAD et de la FAT à hauteur de 142 millions d’Unité de compte (MUC), soit 188,62 8 millions de dollars américains (MUSD).
Pour la période 2024-2026, notifie le document, le programme indicatif opérationnel comprend quatre opérations souveraines pour un montant de 126 MUC et deux opérations non souveraines pour un montant total de 16 MUC (soit 21,18 MUSD).
La Banque explorera également l’accès aux ressources des fonds climatiques et les possibilités de co-financement avec les autres partenaires au développement pour renforcer l’« effet de levier » de ses interventions. Un montant de 40 MUC de co-financement provenant du FIDA est programmé.
Avec ce nouveau DSP 2024-2029, la Banque compte opérer différemment pour accroître davantage son efficacité. Ainsi, les opérations seront conçues sur la base d’une approche intégrée prenant en compte plusieurs dimensions, y compris l’emploi des jeunes et les inégalités de genre.
« Par exemple, le Projet de Développement Intégré Burundi-Rwanda (BRIDEP) du secteur agricole sera conçu selon une approche holistique intégrant le développement des chaînes de valeur agricoles, les infrastructures de transport, les infrastructures de mobilisation en eau, le développement des compétences pour l’emploi des jeunes et des femmes, la résilience au changement climatique et la facilitation du commerce », précise le DSP.
De plus, à travers le secteur de concentration « gouvernance économique », un accent particulier est mis sur les réformes et les activités de conseil. De même, une démarche plus cohérente au niveau du transport à travers une approche intégrée sera adoptée et l’appui à l’énergie mettra davantage l’accent sur l’accès de la population située en dehors du réseau.
Le document avise que les mécanismes de suivi et évaluation de la mise du DSP ont été renforcés. Une approche plus rigoureuse a été adoptée pour l’intégration des thématiques transversales dans toutes les opérations programmées dans le cadre de la mise en œuvre de ce DSP. Des efforts additionnels sont aussi prévus dans le sens de la sensibilisation du Gouvernement sur la qualité à l’entrée et l’exécution des projets.
Au 31 mars 2024, le portefeuille de la Banque comprenait 17 projets du secteur public et une opération du secteur finance pour un engagement total de 343,4 MUC. Le taux de décaissement global était de 32,81%, et un âge moyen de 4,2 ans. Le délai moyen entre l’approbation et le premier décaissement était de 9,5 mois pour un seuil de 15 mois fixé dans la Directive Présidentielle Nº 01/2023.
Le portefeuille est confronté à des problèmes tels que la faible qualité à l’entrée des opérations, la faible appropriation par les ministères sectoriels, le démarrage tardif des projets et la faible capacité des cellules d’exécution de projets. Toutefois, des actions sont mises en œuvre pour résoudre ces problèmes.
BE